
Je me présente, je m’appelle Yacinthe Galbet :
Descendu-e en la personne d’Yvan Alagbé, je marche depuis toujours, je cours, possédé-e par l’Amok, dans les écumes et les brumes d’encre, sur les flots neufs de la naissance Frémok, sur les flammes adolescentes d’un-e Frémok éternel-le, Nil fertile, Fleuve puissant du croissant formel. Cette chance inaliénable, je la porte comme sur la plus infâme des bénédictions et la plus délicieuse des malédictions, fruit douleur et fleur couleur de mon coeur. Femme à barbe, pirate en mer, rescapé-e du naufrak au jour d’Huy et en terre de Sierre, je suis l’eau surnuméraire du refuge. J’ai été l’auteur-e furieux de la création du Kabinet de salut public /KASP, l’acteur-e involontaire de la disparition du professeur A lors d’un attentat à la toiture piégée. Comme le poète, je ne suis pas cruel, juste violent. Je porte comme personne le masque de la vérité.
Je me présente au nom de la Dissidence :
Si je suis élu-e, je réunirai pour la première fois de l’histoire, sur ma poitrine, les hémisphères d’or du Sud et du Nord. Saisissant cette occasion historique, j’organiserai en juin 2009 la signature d’un nouveau traité entre les associations DAW et Fréon à l’endroit même où le Frémok a été baptisé. Ce traité enterinera les (r)évolutions récentes et ouvrira les futures des deux structures.
Je me présente au nom de nos Institutions :
J’ai toujours poursuivi le rêve d’une association exemplaire par ses réalisations, autant que par son esprit, son fonctionnement et ses valeurs. Je me présente pour défendre le travail entrepris sur ce plan, à ciel ouvert ou par temps couvert. Je me présente contre les cyniques à trois francs, six sous, pour les déranger dans le confort de leur fosse sceptique. Je me présente car j’appelle à l’adhésion et la participation du plus grand nombre, car les trésors du Frémok ne valent que s’ils sont partagés.
Je me présente au nom de *Démoniak :
Pour, dès à présent, susciter la participation populaire la plus large, pour saisir avec opportunisme l’occasion de cette campagne, j’ai confié à Éric Poisson l’animation d’un débat inter-national de première urgence. Frémoks et frémoks sont invité-e-s à sauver leur âme en débattant de l’avenir de la grande bébé de l’inanité rationnelle, *Démoniak, et de leur engagement dans les (r)évolutions frémokiennes. Éric Poisson a reçu, de ma part, l’autorisation de se prêter aux opérations les plus vénales pour votre bien et pour le mien.
Je me présente au nom du Kulte, ô Kulte, de la Divine Fiktion
Si je suis élu-e, je séparerai Église et État, je séparerai Fantômes, spectres, goules et ectoplasmes. Je prendrai les rènes, pourquoi pas à Rennes, de l’Église du Frémok. Je sanctfierai le Dieu du Douze et le Saint-Che. Je me ferai Gardien-ne des vignes des (R)évolutions de la République Faramak des Femmes à barbes et nommerait les plus illustres d’entre elles à mes côtés. Je conserverai l’élection présidentielle comme voie royale de l’Assemblée générale annuelle. Je prendrai pour époux en chasteté l’actuel président, le monstrueux monstrueux, Son excellong Jean-Christophe Long, lui permettant ainsi de conserver la charge de présider l’association Fréon pou une année. Élu-e ou pas, je l’aiderai à poursuivre la décentralisation et la dissémination active et virale du Frémok pour tou-te-s.
Je me présente au nom de l’Ile Égalité, l’Insula légendaire, le Dara Salamatane :
Si je suis élu-e, le Frémok reviendra officiellement montrer son oeil et son poil à Montreuil, brûler ses ailes sur la scène de la Seine-Saint-Denis et tremper ses livres à la sauce sociale du maquis. On regardera la Sulamate, comme une danse, celle des deux camps, pour faire rimer les actes politiques et poétiques avec le règne de la Mère Pacifique.
Je me présente au nom des Littératures pirates :
Si je suis élu-e, le Frémok sera pluriel-le dans ses formes éditoriales comme ses manifestations organisationnelles. Nous renforcerons ses réseaux réels et virtuels sous ses formes officielles et officieuses, efficientes et immanentes, durables et fulgurantes.
Je me présente au nom de l’ExpérienceAlice :
Si je suis élu-e, et si je ne suis pas élu-e, la terre n’arrêtera pas de tourner. Aux antipodes des fictions de révolutions, je jouerai, pour son retournement, la révolution de la fiction. Nous continuerons d’ouvrir la matière noire de la chair pâle de l’enfance, nous livrerons l’autopsie des croyances, des genres et du Temps, nous pratiquerons, non l’élitisme pour tous, mais l’hermétisme pour tous, et les contes d’Orphée Monk en anglais.
Je me présente au nom de l’Amokh :
À la lutte, on peut battre n’importe qui, mais l’Amour ne s’achète pas. Si je suis élu-e, je le ferai voir, valoir, savoir, pouvoir, en étant le banquier de l’Amokh. Si je ne suis pas élu-e, aussi. Je ferai de l’Amokh, une monnaie forme, ferme et solidaire, face à l’inflation de la consumation spectaculaire. Car l’Amokh est envie de Frémok triomphant-e.
Je m’appelle Yacinthe Galbet, je me présente aux élektions présidentielles pour faire la Belle.
Présentement, au nom du passé, à l’ère de l’A-venir, si vous me suivez dans cette aventure, vous me donnerez votre force pour dévorer mes doutes, vous mangerez mes doutes pour nourrir votre force. Et réciproquement. Je ne suis pas un animal, je suis un être humain. Je suis et suivrai la bête Frémok jusqu’au bout du monde et des angles, des poils et des ongles.